Merci à Jacques, auditeur fidèle au blog de l’UP pour cette transmission d’article et photos :

photo Studio Gérard

 Henrichemont, ville nouvelle

Jusqu’au début du XVIIe siècle, la capitale de la Principauté de Boisbelle n’était qu’un modeste village où le seigneur n’avait pas de château. Lorsque Maximilien de Béthune racheta la « terre et seigneurie de Boisbelle » au Duc de Nevers en 1605 pour agrandir ses terres, il décida d’y construire une capitale digne de son rang et de son ambition, Henrichemont.

C’est cette capitale qu’une dizaine d’adhérents de l’UP ont découverte le 29 mai grâce à une visite et aux explications fort intéressantes de Françoise Gaudrat, de l’association « Les amis de la Principauté de Boisbelle ». Rues, places et maisons ont été l’occasion de retracer l’histoire de la principauté et de la construction de la ville.

La visite de la mairie nous fait découvrir un mur de l’ancienne halle, la magnifique charpente de la « chambre de sûreté » (c’est à dire la prison), mais aussi des éléments beaucoup plus récents : les photographies de tous les Présidents de la République regroupées sur les murs de l’actuelle salle des mariages, ce qui est exceptionnel.

Les remparts, une butte de terre bordée d’un large fossé, supportent le mur qui délimite la ville. Le fossé est facilement rempli d’eau : « Il y a énormément de sources et l’eau ne manque pas », nous dit notre guide. Ce que nous vérifions quelques minutes plus tard, une très grosse averse de pluie et de grêle nous obligeant à nous mettre à l’abri devant l’Hôtel de la Monnaie : car la Principauté frappait sa propre monnaie. C’était un paradis fiscal car les habitants n’étaient soumis à aucun impôt en dehors de la dîme de l’Eglise et le sel était exempt de gabelle. C’est d’ailleurs ce qui permit à Sully d’apporter à Boisbelle une vie économique importante avec les tanneries qui ne disparurent qu’à la fin du XXe siècle. Le grenier à sel était situé près de la porte Nord, direction de sa provenance, mais aussi direction du gibet qui punissait les contrebandiers !

La ville a été bâtie ex nihilo, selon un plan géométrique comme dans les villes construites dans les mêmes conditions à la même époque. Le nom de la ville, des rues et des places répondent à une symbolique liée au roi, à sa famille et à Sully. Certaines maisons d’époque subsistent encore, montrant le style des maisons bourgeoises bâties avec trois matériaux représentatifs, la pierre brune du Pays Fort, la brique et l’ardoise. Des pilastres toscans en briques ornent les façades, jusqu’à 7 travées pour les plus somptueuses. Quant aux commerces, ils étaient regroupés sur les petites places triangulaires aux quatre entrées de la ville.

Notre visite d’Henrichemont se termine sur la grande place centrale qui était autrefois entourée de belles maisons de maître soutenues par des soubassements à double voute qui permettaient donc d’en faire le tour à l’abri. Le puits a été reconstruit en 1994 selon les plans d’origine et la fontaine centrale date du XIXe siècle.

Nous ne pouvions quitter la cité sans passer par Boisbelle et nous rendre à la fontaine où la légende dit que Henri IV aurait donné de l’eau à une bergère en lui disant « Bois, belle » (l’origine du nom est plutôt à rechercher dans les bois qui enserrent le lieu).

Au revoir, bergère …

Françoise Gaudrat, de l’association « Les amis de la Principauté de Boisbelle » et upistes à Henrichemont.

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